CYCLOPOUSSE AU CAMBODGE
En 1939 après avoir obtenu auprès du Ministère des Colonies l'autorisation de promouvoir son engin en Indochine ,M. COUPEAU inventeur du Cyclopousse rallie "Phnom Penh" Cambodge et "Saïgon" VIETNAM en 17H30mn assisté de deux coolies. Cyclobarang bat se record le 17 mars 2001 après 17Heures de pédalage et 260 kms sur une route défoncée avec son cyclopousse. Une aventure au Cambodge que les médias avaient salué et que le Guiness des records a homologué.

Menu

Accueil
Qui suis-je ?
Album photos
Archives
Amis

«  Novembre 2008  »
LunMarMerJeuVenSamDim
 12
3456789
10111213141516
17181920212223
24252627282930

Rubriques


Liens



JOUR"J"


LUNDI 12 MARS 2001

Le jour « J » approche, les derniers réglages se font, j'ai effectué mon dernier entraînement samedi matin, 100 kms sur la route de Kompong Som( Sianoukhville), j'ai été malade tout le week-end, un coup de fatigue dû à un manque de sommeil évident, aujourd'hui, çà va nettement mieux, deux jours de repos et je serais au « top niveau » pour le départ.

 Les journalistes commencent à me contacter, des articles sont sortis, une équipe de la télévision khmère(TVK) va ma suivre jusqu'à Saïgon.

Ma famille sera à Ho Chi Minh Ville, le jeudi 15 mars, mon épouse Sylvia et mes deux filles Bélinda et Sandie seront accompagnées de « Mariette» notre femme de ménage vietnamienne. Elle doit les aider à prendre une location et s'installer avant mon arrivée. En ce qui concerne le rapatriement du cyclo, je pense qu'il reviendra comme nous par la route en pick-up.

Quelques points restent encore à régler, ce qui m'importe le plus, c'est de passer la frontière dans de bonnes conditions et d'arriver au bout. Si tout se passe bien départ le 16 mars à 14H00 devant l'Ambassade de France au Cambodge, pour l'arrivée en comptant le passage du bac, les différents arrêts « ravitaillements, récupération» et surtout la frontière, je pense être vraiment sur Saïgon dans la matinée. Le temps pris en compte pour le record sera dans tous les cas, celui du temps effectif passé à pédaler.

JEUDI 15 MARS 2001

Le cyclo est beau et fin prêt, j'espère être à la hauteur
.
Derniers moments de repos avant le défi, j'ai bien cru pourtant hier ne pas être au départ. Je suis tombé en moto avec ma fille Sandie, un véhicule nous a accrochés légèrement devant le Palais Royal, plus de peur que de mal, ma fille se relève en riant sans une égratignure, quant à moi, je m'en tire avec un peu de peau en moins sur un bras et un pied mais surtout une petite entorse, nous avons arrangé cela à l'amiable avec le jeune conducteur qui était très confus.

Nous sommes rentrés chez nous, j'ai désinfecté les plaies et traité l'entorse. Ce matin, j'ai un peu mal, ma famille accompagnée de Mariette, notre cuisinière vietnamienne a pris la route en taxi pour Ho Chi Minh. J'espère qu'elles arriveront à bon port en fin d'après-midi, elles doivent me téléphoner à leur arrivée. Catherine, une collègue de l'Ambassade qui m'a mis en relation avec les cyclistes vétérans de Saïgon, a décidé de se joindre à la fête avec sa nièce Hélène, de l'Amicale Franco-Vietnamienne, elles me rejoindront après mon passage  à la frontière du Bavet.

Après ce moment chaleureux, je pars pour prendre le départ de ce véritable périple vers Saïgon, la confiante et frivole capitale du sud Vietnam. Devant l'Ambassade de France, boulevard Monivong, quelques amis cyclos, des personnels français et cambodgiens, des sponsors, des journalistes locaux sont présents.

VENDREDI 16 MARS 2001-DEPART

Fin prêt, la logistique, le cyclo, j'ai un moral d'acier et je suis décidé à « prendre le taureau par les cornes» Je suis parti au restaurant français, « Le Deauville », pour prendre mon dernier repas consistant et équilibré. Je demande à sa figure emblématique André « le"Sétois » pour ne pas le citer, de m'apporter un plat de spaghettis à la bolognaise, royalement servi je me suis sans tarder, goulûment régalé.

Nous avons pris quelques photos avec André pour immortaliser cet instant. J'aime aller prendre une bière au « Deauville » de temps en temps pour échanger quelques mots avec André, nous avons en commun des origines latines et des racines à Sète, d'autre part, j'aime sa spontanéité et son accent.

Glen, journaliste à Radio France Armorique et TV Breizh qui fait son tour du monde des bretons expatriés, nous a interwievé comme nous sommes installés à Rennes, assiste également au départ. Je n'ai cessé de regarder ma montre, je suis un peu stressé mais confiant, j'ai hâte de me mettre en selle et de donner mes premiers coups de pédales vers cette aventure.

Deux gardiens de l'Ambassade se sont proposés pour m'accompagner à vélo jusqu'à Neak Loeung pour effectuer le passage du Mékong en ferry sans encombres. Vuthy, je le connais depuis qui nous avons joué au football ensemble dans l'équipe d'expatriés « Hanuman » et Viryo que j'ai côtoyé au « King Kong» club de musculation près de l'Hôpital Calmette, travaillent tous les deux au service de sécurité de l'Ambassade.

Je suis évidemment très content de leur présence, cela m'apporte un soutien moral et en cas de pépin, je sais que je peux compter sur eux. Un troisième gardien VI, fait également parti de l'équipe, il conduira ma voiture et m'assistera jusqu'à la frontière khméro-vietnamienne.

Le moment de libérer tout le stress et l'anxiété qui est en moi, est enfin arrivé. Il est 14H00, lorsque je m'élance dans ce défi de folie, je suis heureux et ému d'aller pour un moment rejoindre l'histoire du Cambodge même si cela peu paraître anodin. Une petite escorte s'est formée autour du cyclo, des bicyclettes, des motos, et quelques voitures.

Nous empruntons l'avenue de France pour passer devant le Wat Phnom, quelques minutes après nous sommes sur le Quai Sisowath, le peu de circulation à cette heure favorise un passage agréable et me permettre de rejoindre le boulevard Norodom le long du Palais Royal par le monument de I1ndépendance, je ne pense qu'à une chose: « Sortir très vite de la ville pour prendre mon rythme de croisière et laisser la pression derrière moi » Nous franchissons enfin le pont vietnamien et nous nous retrouvons sur la route N°01 qui doit m'emmener à  Ho Chi Minh. Je m'arrête pour saluer mes accompagnateurs, seuls les deux vélos et la voiture suiveuse continuent la route avec moi. Nous arrivons au village de Koki à 20 kms très rapidement, je suis souvent allé me baigner dans le Mékong entre ce village et le dépôt de Total, l'eau est agréable et somme toutes plus propre qu'en amont.

D'autre part, il me plait de circuler entre les petits villages où travaillent les tisserandes, le cliquetis des métiers à tisser rythme les journées de ces habitants. La porte s'est ouverte sur l'Aventure, je me lâche enfin, en route pour Neak Loeung dans un premier temps.

L'objectif est d'atteindre pour le moment le bac pour traverser le Mékong avant le dernier ferry aux alentours de 18H00. Je roule bien et nous arrivons dans la localité vers 17H30, mes coéquipiers d'un jour sont sur les rotules, je leur ai mené un train d'enfer, ils ne sont pas trop entraînés et pour eux cette distance de 60 kms entre Phnom Penh et Neak Loeung est déjà un exploit.

Le temps de prendre un billet pour à peine deux dollars, de remercier mes supporters et me voilà embarqué avec mon cyclo parmi des véhicules de toutes sortes sur cette barge. Des enfants curieux viennent me saluer pendant que je mange des barres de céréales, le coucher de soleil est magnifique alors que nous quittons l'embarcadère, la traversée est magnifique, les moteurs commencent à ronronner à l'approche du débarcadère, les odeurs de fumée et de fuel se dissipent, j'aperçois un village de maisons en bois hérissées d'antennes de télévision qui pointent vers le ciel.

Ce qui retient le plus mon attention, c'est la montée qu'il va falloir que j'entreprenne avec mon cyclo, pas question de monter sur la selle, trop dangereux, je crois qu'il sera plus raisonnable que je le tire.
Nous voilà débarqués sur place, des dizaines de personnes attendent les clients, l'accueil est fabuleux. Je suis interrogé par l'équipe de télévision qui me suit au milieu de la place principale, un attroupement se crée, des gens m'encouragent, d'autres me saluent, interrogateurs.

Juste le temps de répondre à quelques questions et je remonte en selle, la route commence à présenter de mauvais passages, le chemin est long jusqu'à Saïgon et la nuit commence à to~ber. La pleine lune illumine plus ou moins ma route. Trous, tôle ondulée, nids de poules, ponts en reconstruction, bosses en tout genre sont le lot d'embûches auquel je suis confronté maintenant sur cette portion qui doit me conduire à Svay Rieng.
Pour couronner les problèmes dû au terrain, je ressens quelques douleurs lombaires mais surtout un début de tendinite sur un ligament externe du genou droit, vraisemblablement dû à cette infernale tôle ondulée sur la route à cause des camions.


Publié à 05:03, le 7/09/2007
Commentaires (0) | Ajouter un commentaire | Lien